Jeune femme de 41 ans, mariée, Maman de 3 enfants de 11, 8 et 4 ans, j'aime la photo, la nature, les voyages, la vie tout simplement... et tellement plus encore... Partagez ici mon quotidien, mes coups de coeur et mes coups de gueule !
Fille ou garçon ? Blond(e) ou brun(e) ? Jamais je ne saurais à quoi tu aurais ressemblé mon bébé.
Ce 21 octobre 2006, j'ai du provoquer une fausse couche. Ce moment restera à jamais gravé en moi, même si bien sûr, depuis, la pulsion de vie a repris le dessus et que j'ai aujourd'hui trois beaux enfants.
Début septembre 2006, j'apprenais que j'étais enceinte, même si je le ressentais déjà au fond de moi avant cette annonce. J'étais aux anges...Et comme c'est ma nature, à peine le résultat confirmé par la prise de sang, je me voyais déjà avec mon bébé dans les bras...
Je l'imaginais avec sa grande soeur, je le visualisais tout contre moi, son souffle chaud dans mon cou, et puis grandir... Mes deux enfants auraient deux ans et demi d'écart.. Parfait ! Tout s'était bien passé pour la grande.. Je n'imaginais même pas qu'il pourrait en être autrement. C'est donc confiante que je me rendais chez mon gynécologue adoré pour lui annoncer la bonne nouvelle ! Sauf qu'à l'échographie de contrôle, lui d'habitude si enthousiase ne disait rien ! Et puis: "Bon, je vois une poche, un petit embryon, mais pas d'activité cardiaque"... Le ciel me tombait sur la tête ! Il m'a dit qu'on revérifierait d'ici quatre semaines, le temps de laisser grandir l'embryon. Parfois ça pouvait arriver... Je ne devais pas m'en faire, mais il était vrai aussi qu'une grossesse sur quatre n'allait pas au bout.
Ca m'arrivait donc, à moi ! Pas qu'aux autres ! J'étais sonnée ! Pas de photo d'échographie du petit haricot à ramener à la maison, juste des sanglots et une boule d'angoisse qui n'allait pas me lacher pendant ces quatre longues semaines... Des semaines à essayer de se préparer au pire, mais aussi à espérer car tous les symptomes de la grossesse étaient bien présents.
Et puis ce rendez-vous est arrivé. Bilan : "Grossesse non évolutive"; L'embryon avait un peu grossi, mais toujours pas d'activité cardiaque...
Juste impensable pour moi... Le gynécologue m'a tout expliqué, avec beaucoup de tact, tout en restant dans son rôle de médecin.
Je n'entendais plus rien... les même mots résonnaient dans ma tête, une petite voix intérieure me serinant : "il n'y aura pas de bébé...Ton bébé ne vit pas, tu as quelque chose de mort en toi".
Et puis il a fallu passer aux choses concrètes... Il n 'était pas certain que la fausse couche se déclenche spontanément. Pour ne pas vivre avec ça, le gynécologue me conseillait de la provoquer. Je savais bien au fond de moi qu'il fallait le faire, mais je le vivais comme le fait de tuer mon bébé (même si je savais qu'il ne vivait pas, même si ce n'était qu'un embryon... Dans mes tripes, c'était déjà mon enfant).
Attention, je tiens à préciser que je ne suis pas foncièrement contre l'avortement, selon les situations. Mais nous, nous le voulions ce bébé, de tout notre coeur ! Et nous pouvions bien évidemmentt l'accueillir.
Mon petit ange s'en est donc allé un 21 octobre 2006.
Le 21 octobre 2007, soit un an plus tard, jour pour jour, j'accouchais de mon petit garçon... Et non, je ne crois pas au hasard et aux coincidences... Alors, Vive la vie !
Cet article était bien entendu douloureux à écrire, mais il était nécessaire pour moi de le faire. C'est ainsi que je l'ai vécu. J'ai une pensée pour ces femmes, qui comme moi ont fait une fausse couche ou des fausses couches multiples. Ne mésestimons pas leur souffrance, accompagnons les dans ce travail de deuil indispensable, avant de pouvoir à nouveau se tourner vers le futur, vers la vie.