Jeune femme de 41 ans, mariée, Maman de 3 enfants de 11, 8 et 4 ans, j'aime la photo, la nature, les voyages, la vie tout simplement... et tellement plus encore... Partagez ici mon quotidien, mes coups de coeur et mes coups de gueule !
Cela fait des années que je n'ai aucunes nouvelles de toi et voilà que sous prétexte de la vieillesse, tu exiges ma visite et celle de mes enfants, tel un dû... Si au moins tu avais dit qu'on te manque, que c'est difficile pour toi. Mais non ! Tu es le grand-père, tu es vieux, nous devons donc obtempérer !
Je ne te pense pas en position d'exiger, mais plutôt dans celle de te remettre en question.
J'ai un père biologique, certes, mais c'est bien tout ! Tu es un étranger pour moi. D'aussi loin que je me souvienne, je n'arrive pas à retrouver un moment de partage ou un moment agréable passé avec toi. Tout n'a toujours été qu'indifférence, tensions, cris, exigences...
Tu m'as gâché une partie de mon enfance. Aucun enfant ne devrait être confronté à la folie comme je l'ai été. Sans ma mère et mes grands-parents maternels, je ne sais pas ce que je serai devenue. Entendre son père crier la nuit, insulter tout le monde, écrire sur les murs au feutre indélébile, menacer de se suicider et de tuer sa famille, c'est juste insoutenable pour un enfant. Malgré cela je devais faire bonne figure, le lendemain à l'école !
Comme tu vivais la nuit, nous devions chuchoter le jour. Tout ménage, toute invitation de camarades, toute vie sociale était impossible. Tu avais trouvé le bon alibi : Le chômage !
Pas de sorties en famille, pas de vacances, pas de télévision, simplement des listes de corvées sous le règne de la terreur.
Alors je te le dis, le jour où tu as été interné en hôpital psychiatrique, on a enfin soufflé, respiré, recommencé tout doucement à vivre, tels des victimes délivrées de leur bourreau.
Certes la schizophrénie et la paranoïa sont des maladies. Tu n'en es peut être pas responsable... mais tu as toujours refusé de l'admettre jusqu'à ce jour.
Plus tard, quand tes crises ont été stabilisées grâce aux injections mensuelles, on t'a trouvé une place en maison de retraite. C'était (et c'est toujours) un sacrifice financier énorme, mais la liberté n'a pas de prix !
Jamais tu ne t'es interrogé sur le mal que tu nous a fait, jamais il n'y a eu d'excuses. Toujours et encore des exigences, de la victimisation.
Tu n'étais pas présent à mon mariage, je n'ai eu ni félicitations, ni même une simple carte. Idem pour l'obtention de mon concours et mon entrée dans la vie active.
Pas une seule fois tu ne m'as souhaité mon anniversaire. Quant à mes enfants, parlons en ! Pas un mot de ta part pour l'annonce de mes grossesses, pour leurs naissances. Jamais une question sur eux, une demande de photos. Pourtant, des messages ou des lettres insultantes, tu as su me les communiquer !
Rassures toi, ils connaissent ton existence. Ils savent qu'ils ont un papi et qu'il souffre de maladies mentales .
Alors voilà, je te réponds le plus simplement : Non tu ne me verras pas et tu ne verras pas mes enfants. Ils méritent mieux que ça... et moi aussi !