Jeune femme de 41 ans, mariée, Maman de 3 enfants de 11, 8 et 4 ans, j'aime la photo, la nature, les voyages, la vie tout simplement... et tellement plus encore... Partagez ici mon quotidien, mes coups de coeur et mes coups de gueule !
Je vous ai annoncé hier que j'allais vous parler de mes coups de coeur...Mon premier sera en hommage à un grand homme, qui a beaucoup compté pour moi, le grand-père de mon mari.
J'avais il y a quelque temps de cela écrit un texte pour Alice, une de mes amies blogeuses (http://monblogmonmiroir.over-blog.com/)
Pour l'ouverture de mon blog, je vous le fais partager aujourd'hui.
J'espère qu'il vous plaira...
Lorsqu'on m'évoque la Normandie,la première image qui me vient, c'est celle de pépé Jean. Jean Fouillard ! Un tel nom ne peut être que normand ! Qui eut cru que ce serait le nom que je porterai moi-même un jour ?
Pour moi il incarnait la Normandie à lui tout seul ! Il faut dire que c'était un sacré bonhomme Jean .. C'était le pépé de mon mari, c'est lui qui l'a élevé avec sa femme. Je l'ai rencontré en 1990, quand celui qui allait être un jour mon mari me l'a présenté. Il m ' appelait « ma petite » et son petit fils était « son soleil ».. Mais là, on s 'éloigne un peu..
Jean était issu d'une famille de paysans normands, le cadet de sept frères. Et depuis très jeune, il a travaillé dur.. Levé à quatre heures du matin pour la traite des vaches, il parcourait ensuite plusieurs kilomètres à pied au milieu du bocage normand pour se rendre à l'école, et ce, par tous les temps !
Parler de pépé Jean en quelques phrases est impossible. C'était un tel personnage ! Bourru au premier abord, mais avec un coeur en or ! Il a fait la seconde guerre mondiale, y a perdu une jambe et s'est ensuite reconverti en patron de café. Mais sa jambe artificielle ne l'empêchait pas de cavaler, aidé dune canne. Il avait une deux-chevaux rouge et à l'époque, il y mettait pour cinquante francs d essence..
Il avait ses expressions bien à lui, où l'on savait qu'il fallait alors se tenir à carreau : « Bon d'là », « sacré c.. », « mais quel calvaire »...
Lorsqu'il nous emmenait nous promener dans le bocage normand ou sur la côte, on faisait toujours une halte (son habitude) pour « boire un coup dans le cul de la hotte » (le coffre de la voiture) ! Pour nous c'était de l'eau, pour lui c'était le calva ! Ah pépé Jean et son calva ! Je pense bien qu'il a dû en avoir dans le biberon ! Presque tous les jours, il y avait le pousse café...
Et puis il ne faudrait surtout pas oublier les fameuses crêpes de pépé Jean. A tomber ! Tellement fines.. Un régal ! Tout ça dans sa vieille poêle carbonisée. Et quand il les faisait flamber ! Au calva, évidemment...Pas de problèmes pour lever le coude hein ??
Mais ce qui le caractérisait avant tout c'était la générosité. Il aurait tout donné pour ceux qui lui étaient chers. A lui, s'associent évidemment des images plus touristiques de la Normandie: le Mont Sait-Michel, Avranches, le gué de l'épine et ses moutons pré-salés, le village de Camembert, etc..
Pépé Jean n'est plus, mais il demeure dans nos coeurs et contribue à l 'affection si profonde que j'ai pour cette magnifique région qu'est la Normandie.