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" ZOU" de Anne-Véronique Herter

Cette année j'ai à nouveau eu le plaisir de participer aux "Matchs de la rentrée littéraire 2014 " organisés par Rakuten Group Price Minister ! L'occasion de découvrir un livre que je n'aurais peut être pas acheté, et de vous le faire découvrir par la même occasion.

Cette année mon choix s'est porté sur "ZOU" de Anne-Véronique Herter aux éditions Michalon.

Il s'agit d'un premier roman. "Zou ! " c'est le signal d'un nouveau départ, d'un renouveau qui s'impose comme une nécessité, un impératif de survie.

Qu'est ce qui m'a attiré pour faire ce choix ?

Le récit se déroule en Bretagne, une région que j'affectionne..Il y est question de relations familiales, du poids du passé, de non-dits, de secrets familiaux...Des thématiques qui me parlent comme on dit, qui m'intéressent..

De quoi ça parle ?

L'héroine ,Chance, lors de la vente de la maison familiale en Bretagne, perd ses repères et se pose des questions quant à son identité. Serait-elle comme le prétend sa grand-mère la réincarnation de ce frère mort trop jeune et qu'elle n'a pas connu ? En quittant cette maison , lieu chargé d'histoires familiales, de souvenirs, Chance doit aussi quitter les fantômes qui l'habitent ainsi que ceux de son imagination...

Ce que j'en ai pensé :

La lecture est assez aisée, le style agréable...Cependant, ce récit où la voix de l'héroïne fait écho à celle de son ordinateur sur lequel elle écrit ses mémoires, le fait de faire parler la maison , un mur de pierre du jardin m'a quelque peu gêné...Je n'ai guère apprécié ce côté " irrationnel". J'aurais souhaité quelque chose de plus "concret"...Entendre par exemple directement les protagonistes de l'histoire s'exprimer, un peu à la façon d'un scénario choral.. Une déception donc à ce niveau.

Il s’agit cependant d’un récit juste et touchant s’engageant sur la force des liens familiaux et la réelle difficulté à demeurer soi au milieu des autres. L’auteur Anne-Véronique Herter livre ici des confessions. Elle se met littéralement à nu afin de décrire sa souffrance, pour faire ressurgir les souvenirs enfouis et faire revivre des morts…

Pour l’héroïne , devoir quitter sa maison familiale, c’est à la fois perdre ses repères et tirer un trait sur son passé : Emballer les meubles, trier, vider, rendre les clés, puis refermer définitivement la porte sur les « fantômes » qui la hantent encore, laisser les souvenirs incrustés dans les murs, les petites joies et les grandes douleurs aussi… Profondément chamboulée par l’abandon de cette maison dans laquelle elle s’est construite, Chance s’obstine à vouloir écrire sa vie pour faire revivre le passé. Elle bute, s’entête et petit à petit recolle un à un tous les petits bouts qui font son histoire pour enfin avancer et devenir elle-même…

Extraits choisis :

« Il faut que je souffle un peu. Juste quelques minutes, pendant que les autres ne me voient pas. Adossée au mur du salon, derrière le pétrin que l’on n’a pas encore fait partir, je peux les voir.

Ils emballent, rassemblent, trient,, mais ne jettent rien. Chaque objet, même cassé, chaque lettre, chaque papier nous permet de garder un bout de notre passé, une preuve de son existence et de son importance dans nos vies.

Petit à petit, tous les meubles s’en vont, disparaissent, quittent l’espace qu’ils occupaient depuis toujours. On les arrache à la poussière qu’ils gardaient jalousement derrière eux, la dernière trace de leur passage ici. »

« Notre maison bretonne. C’est chez moi. C’est beau, parfois effrayant.

C’est gigantesque, mais suffisamment petit pour entendre l’écho des blessures familiales. celles que l’on ne règle qu’en famille. Qui touchent le coeur des choses, les culpabilités, les remords, la responsabilité de chacun devant les morts.

Pourtant, c’est le seul endroit où l’air que je respire a du goût, où j’entends les bruissements de mon âme, et pas que de mes fantômes, où je vois les vraies couleurs, où tout se passe.

C’est trop grand, trop beau, trop tout, et nous sommes à la fois trop nombreux, et nous avons trop peu pour pouvoir la garder. Alors, nous vendons, comme on vend un de ses organes, une sensation pas très agréable».

« Les histoires de famille permettent de pourrir des situations qui ne devraient pas exister. Mais il paraît que le lien familial donne toujours l’occasion de se retrouver. »

Pour conclure, vous l'aurez compris, ce livre ne fera pas partie de mes grands coups de coeur pour cette année . Néanmoins, il m'a fait passer un agréable moment et a le mérite de faire preuve d'une certaine originalité dans l'écriture.

" ZOU" de Anne-Véronique Herter
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